A l’abri

Lors d’un reportage, Alan du Domaine de Gauchoux, me disait « si ça pète, au moins à la campagne, on pourra toujours manger« . Depuis, j’ai plusieurs fois entendu qu’ici au moins, on était à l’abri, on pourrait toujours s’en sortir. Et c’est vrai que c’est ce qu’on ressent.

En ces temps de crise du Cac 40, d’augmentation du baril de pétrole et de politiques hégémoniques, le monde semble si fragile. Les plus pessimistes imaginent déjà les réfugiés climatiques, la pétrole apocalypse ou la catastrophe nucléaire. Les plus optimistes, la révolution.

Mais, dans nos campagnes un peu isolées, on se sent bien loin de la bourse de New York et beaucoup moins vulnérables que les citadins. Parce qu’on sait qu’on pourra toujours cultiver des carottes, élever des chèvres, se chauffer au bois, voir mettre un peu d’huile végétale dans le moteur (je suis contre les agrocarburants, mais je ne suis pas fermée à des systèmes intelligents où l’huile de tournesol servirait de carburant exceptionnel, et les tourteaux à nourrir les bêtes, le tout à un niveau très local et coopératif).

Comme le dit HK dans son post « Prospective : vers le retour d’une civilisation de cultivateurs et éleveurs ? » (sur son blog campagnard.net),

« La campagne rendra possible : l’autosubsistance alimentaire : jardinage, élevage, cueillette et pourquoi pas pêche ou chasse, l’autosubsistance énergétique : se chauffer avec des sources d’énergie disponibles localement en particulier le bois, le troc qui permettra de recréer les conditions d’une société pérenne grâce à la pratique de l’échange. »

Sans idéaliser la vie rurale, ce sentiment d’être protégé est de plus en plus partagé.

Étiquettes : , ,

3 Réponses to “A l’abri”

  1. Philippe Berruer Says:

    Je suis tout à fait d’accord avec tes propos… à un point près. Bien sûr, en campagne nous ressentons tous ce sentiment de sécurité que nous offre la terre. Encore faudrait-il que l’on y ait accès ! Les terres agricoles ne sont pas accessibles au commun des mortels et les autres espaces sont si rapidement couverts de pavillons que, même à la campagne, il faudra bientôt cultiver des tomates sur son balcon !

  2. emmanuellemayer Says:

    N’ayant moi-même pas de jardin, je ne peux pas produire ma nourriture par exemple. Mais, à l’échelle du territoire, il sera toujours possible de trouver à manger soit directement auprès des producteurs, soit en se faisant prêter un petit carré où planter des légumes… Je pense que cette sensation « d’abri » vient aussi de la solidarité qui existe déjà, et qui pourrait se développer si la situation virait au rouge : mutualisation des déplacements, troc de matériel, de bois, achats en direct à des producteurs… En ville, même avec des coups de main et de la solidarité, le fait est que les possibilités d’autonomie sont plus faibles.
    Mais que cela ne nous empêche pas de lutter contre le problème du foncier devenu inaccessible et des lotissements bien peu durables, tu as tout à fait raison !

  3. Adèle Says:

    Bonjour!
    Moi aussi je partage ce sentiment, et j’ai la chance en plus d’avoir un jardin, une famille proche, un cercle de solidaires, sans parler des doigts habiles, des bras forts, et de bonnes idées!

    Ainsi, travailleurs pauvres, précaires, certes… mais finalement heureux: mon homme trouve souvent à faire du bois quand son intérim finit (on se chauffe « à pas cher »), on s’habille frippe, on mange nos légumes (quand les limaces nous en laisse) ou on va au marché, on élève nos poulettes, on retape la maisonnette avec de la récup’, je fais mes meubles en carton, je vais bientôt filer la laine pour faire mes pelottes, et on recycle autant que possible (avec moins d’habileté que les africains, certes). Et avec ma famille, on est devenu un réseau (chacun fait ce qu’il sait faire!)

    Je crois aussi beaucoup à la solidarité, et à la renaissance du lien social en campagne… ayant vécu à Toulouse, je réalise à quel point les habitants de campagne sont ouverts (à Toulouse, les classes sociales se mélangent peu ou prou)

    A bientôt… votre blog est super!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :