Faire soi-même

Partir s’installer à la campagne est souvent synonyme de recherche d’autonomie. Beaucoup envisagent en effet de faire un potager, du bois, des confitures, voire des pulls, des cosmétiques maison, bref de cesser de perdre leur vie à la gagner pour faire soi-même. Derrière cette tendance à l’autonomie, une idéologie écolo mais surtout une quête de liberté, comme l’explique Aspen et Cherryplum dans leurs chroniques de consommatrices repenties sur leur blog.

dsc_0016Pour ceux qui souhaitent s’engager ainsi sur la voie de l’autonomie, l’association Savoir Faire et Découvertes propose un large éventail de stages : construction d’un four à pain, fabrication d’une éolienne, enduits à la chaux, tournage de poterie, meubles en carton, jouets en bois, vêtements en feutre, pommades à base de plantes… Tout peut s’apprendre avec cette association ! Le réseau des maîtres de stages est surtout implanté en Basse-Normandie mais des stages sont également proposés en Auvergne, en Languedoc-Roussillon, Rhône-Alpes et Nord pas de calais. Les stages durent entre 1 et 8 jours et coûtent entre 30 et 250 €. Une idée de cadeau de Noël…

Je trouve formidable de se libérer de la société de consommation et, d’une manière générale, je soutiens et admire les personnes qui pensent leur vie, choisissent et assument un mode de vie plutôt que de subir. Mais ces recherches d’autonomie me posent question. D’une part, je regrette que les milieux militants n’appréhendent la problématique de l’installation en milieu rural que sous cet angle d’autonomie (pour simplifier : ville = vélo et amap ; campagne = potager, autoconstruction…). D’autre part, je m’interroge sur ce que serait la campagne si chacun était autonome… J’ai d’ailleurs réagi sur une discussion du forum decroissance.info autour de cette question.

Il me semble que l’on peut avoir envie de vivre à la campagne tout en étant éco-citoyen sans nécessairement faire tout soi-même (faut-il rappeler que certains préfèrent, comme moi, exercer le métier qu’ils aiment plutôt que de bêcher). Ensuite, cela présente un risque pour les petits producteurs et artisans de nos villages. La vogue des machines à pain pose d’ailleurs de gros problèmes à la filière boulangère.

Pour conclure, je souhaite que ceux qui veulent vivre en autonomie puissent le faire, surtout s’ils vivent dans un coin très isolé où il faut prendre la voiture pour le moindre ravitaillement. Mais qu’on arrête donc de vouloir faire de ce mode de vie un modèle. Agir pour la relocalisation de l’économie, avec une diversité de métiers, de producteurs et de consommateurs locaux me semble plus pertinent, réaliste et urgent !

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3 Réponses to “Faire soi-même”

  1. Anissina et ses elféebulations Says:

    Alors là tu résume un peu ma pensée, je suis entièrement d’accord et j’aimerais si tu le permets reprendre ton article pour présenter ton blog sur le mien… Je vis moi aussi à la cambrousse depuis presque 10 ans, mais je n’ai pas de pote agé… non ? Et Non !!! Pourtant j’ai un petit jardin lol… Par contre je fais beaucoup de choses moi-même, mais que des trucs très simples pas envie de devenir esclave du « je fais tout moi-même », un peu de cosméto, des yaourts, de l’eau qui pique, des brioches à la map mais je continue de prendre mon pain quotidien à la boulangerie de mon petit bled, il est trop bon le pain ici… mais je reste une inconditionnelle de mon ordimini, les enfants ont eu une Wii (mais j’ai acheté un chargeur de piles jetables) et je suis bien obligée de prendre la voiture, on est pas en ville ici, on a pas le bus ou le métro qui passe devant la porte lol
    C’est évidemment en premier lieu pour un idéal écologique mais aussi et surtout de plus en plus économique, tout ce que je fais c’est surtout pour ne plus acheter de trucs industriels parce que je pense que notre avenir c’est une économie de proximité.
    Ma réponse est un peu brouillon mais c’est un peu le résumé de ce que je pense…
    Bonne journée elfique

  2. emmanuellemayer Says:

    Ah, ces campagnardes sans potager🙂
    (c’était le sujet de mon premier post en septmbre, « à la campagne et sans jardin » !)

  3. De la relocalisation à la décroissance… ou au développement durable ? « Néocampagne Says:

    […] nouveau modèle de société, plus écologique et sociale. J’ai aussi abordé la question de l’autonomie (vie en auto-suffisance). Il est donc logique que je m’aventure sur le terrain de la décroissance, ce […]

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