Campagnards pauvres contre homme d’affaires riche

Cela se passe à Parnes, village de 340 habitants dans l’Oise. Plus précisément dans le parc du château d’Alincourt, qui comprend un camping depuis 1976, camping ouvert par l’ancienne propriétaire. En effet, depuis février, le château a été acheté par Alain Duménil, richissime homme d’affaires. Sauf que ce camping était habité par des résidents longue durée… certains depuis 20 ans. Ils y louaient des emplacements quelques centaines d’euros par mois, y avaient installés des chalets et des mobil’homes.

Dans ce camping, 80 personnes vivaient à l’année, certains par choix, d’autres parce qu’ils ne l’avaient pas, le choix. Pas de chance pour eux, le nouveau proprio a peu de compassion pour ses congénères. En 2006, il s’était fait remarquer par le licenciement de 140 salariés de l’usine Stéphane Kélian dans la Drôme, et avait atterri en justice car la faillite de la boîte semblait planifiée. Comme on peut le lire dans cet article de Libération du 11 mai 2006 : « Jamais le milliardaire ne s’est déplacé dans la Drôme pour y rencontrer les petites mains aujourd’hui au chômage qui fabriquaient ses chaussures. C’est cette absence de curiosité qui lui vaut d’être devenu aujourd’hui le symbole du patron voyou, qui garde pour lui les bénéfices et laisse les pertes à la collectivité. » Plus loin : «Duménil a simplement souhaité faire une bonne affaire, croit savoir un ancien proche collaborateur. Il a raisonné avec les salariés comme s’il s’agissait d’obligations ou d’immeubles. Ayant très peu l’habitude de gérer de grosses entreprises, il n’a simplement pas pensé aux familles qu’il laissait au bord de la route».

Son nouveau château, il le veut sans le camping qui va avec . Alors il faut dégager. Sauf qu’en France, on ne peut pas virer comme ça des gens en difficultés… Il faut un avis d’expulsion émanant de la préfecture. Duménil n’a même pas rencontrer les personnes qui vivent sur son parc. Des personnes qui, pour certaines, ont des crédits sur le dos pour payer leur mobil’home. A la place, il a engagé une milice armée de molosses, qui sème la terreur, met le bazar et saccage. Il a même instauré des règles dignes d’un pays en guerre : contrôle d’identité à l’entrée, couvre-feu… Et interdit l’entrée du Secours Catholique ou du DAL. Son objectif : tout faire pour que ses braves campeurs foutent le camp….

Aujoud’hui, il ne reste qu’une poignée de résidents sur le site. Qui acceptent de partir mais en échange d’indemnisation pour le home sweet home dans lequel ils avaient investi, et de proposition de relogement. Ils demandent également l’aide de l’état pour la protection de leurs enfants terrorisés par les chiens méchants. Ils ont pris un avocat.

Bien-sûr, qui vit en camping doit accepter les règles du jeu : pas de caution ni de frais d’agance, mais pas de bail garantie 3 ans… Sauf qu’ici, le cas est particulier : les résidents, pauvres, avaient trouvé via ce camping un moyen de se loger dignement ( ils payaient un loyer soi-dit en passant). Tandis que le nouveau propriétaire, lui, gagne des millions, vit en Suisse, possèdent plusieurs résidences, un théâtre…

Ce monsieur, c’est pour moi l’incarnation parfaite de la société du fric. Cette société qui, pour l’enrichissement de quelques égoïstes, crée des pauvres et épuise les ressources de la planète. Sans la moindre petite considérations pour l’autre, son chemin, ses fragilités, ses besoins…

Et ça me scandalise…

http://www.myspace.com/alincourt

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