Une maison écologique… mais pas rustique !

Figurez-vous que le post le plus lu sur mon blog, c’est celui consacré à la déco style nature-campagne ! Comme, par ailleurs, c’est en milieu rural que se poussent la plupart des maisons écologiques, je ne résiste pas à vous parler décoration & écoconstruction…

Je suis fan de la décoration de Céline, qui a fabriqué plein de meubles elle-même

Qui dit écoconstruction dit maison performante côté énergie et saine côté matériaux. Mais sur la décoration, la plupart des constructions bio que l’on voit dans les revues spécialisées font malheureusement plus peur qu’envie : enduits naturels jusqu’à l’excès, lambris style location à la neige, peinture home made essuyée façon mur sale, incrustations et fresques baba-cools… sans oublier l’ensemble charpente apparente en bois blond + brique de terre crue + enduits à la terre ocre + terre cuite au sol, un ensemble tellement chaleureux… qu’il en devient étouffant !

Non, écologique ne rime pas forcément avec esthétique !

Le pari n’est pas évident. Car qu’elles soient en paille ou en brique monomur, les maisons écologiques ressemblent souvent à des pavillons classiques en parpaings. Le bois a plus de style, mais s’il recouvre tous les murs intérieurs, on n’échappera pas à notre problématique : une maison écologique… mais pas rustique !

La solution : alléger l’aspect cocon douillet, équilibrer l’atmosphère avec des matériaux et des objets plus « durs ».

Oui à un mur ocre en enduit terre, mais avec un sol en béton ou à gros carreaux gris.

Une grande table de ferme sur du carrelage de terre cuite et des murs orangés, mais avec des chaises design…

Il suffit parfois d’un détail pour casser l’effet naturel too-much : un escalier ultra-contemporain, des poutres peintes en blanc, un poêle moderne, une crédence en métal, un dessus de lit en chanvre violet…

Substance, la brocante indus de Marie-Jérômine (à Paris)

Pourquoi ne pas se saisir de la tendance actuelle au mobilier industriel ? Une ancienne armoire d’usine en métal, voilà qui va donner du cachet à un bel enduit naturel à la terre ou à la chaux !

Les brocantes industrielles se multiplient (ma préférée : Substance, à Paris) mais le prix de ce mobilier d’occasion, réparé et valorisé, n’est pas franchement abordable ! Moins écologique, on peut acheter des répliques neuves de ce style industriel. Aujourd’hui, toutes les enseignes ont lancé une collection sur ce thème, de Fly à Maisons du Monde en passant par La Redoute, et bien-sûr les enseignes hauts de gamme, comme Jardin d’Ulysse ou équitables comme Alter Mundi, qui diffuse une collection de très chouettes meubles en bois & métal. Bien-sûr, le mieux est de chiner, dans la rue, les ressourceries et sur leboncoin.fr, et d’apprendre à retaper soi-même les vielles chaises d’écolier et autre meuble de tri postal !

Autre style en vogue, l’écodesign. Voilà qui a l’avantage de mêler écologie et lignes contemporaines, épurées. Les créateurs sont de plus en plus nombreux dans ce domaine. Meubles, textiles, objets, luminaires, tout cela a un coût, comme le sur-mesure ou l’artisanat local. Mais c’est durable et tellement beau !

Quelques bonnes lectures :

Déco bio et eco-design, de Lionel Astruc (ed. Ulmer) : L’auteur ne se contente pas d’énumérer les solutions écologiques pour les sols et les murs, il propose aussi une sélection de mobilier éco-design. Chaque matériau est passé au crible et, pour chaque entreprise citée, l’auteur a mené sa petite enquête.

La déco bio en 500 adresses, de Marie Lorrain (ed.Fleurus) : Mon nouveau bouquin de chevet ! Mais il n’intéressera que les passionnés car il s’agit en fait d’un guide, qui présente 500 marques ou créateurs éco-design. Toute la maison est passée en revue.

Matériaux écologiques d’intérieur, Aménagement, finition, décoration, de J-C et M. Mengoni (ed. Terre Vivante): Comme toujours chez Terre Vivante, on a un ouvrage complet, rigoureux et précis sur la question. Chaque matériaux est passé au crible, les techniques sont soigneusement expliquées, et les auteurs ont très justement anticipé de nombreuses questions. Seul hic : le discours est très militant (trop ?) et l’aspect déco quasi-nul. En gros, si c’est écolo, alors c’est beau (alors que noooonnnn !!!).

Étiquettes : , , , , ,

4 Réponses to “Une maison écologique… mais pas rustique !”

  1. adriendemay Says:

    Merci de remettre les choses à leur place en précisant que les performances écologiques d’un habitat ne renvoient pas l’esthétique au tapis ou dans les abîmes des lieux communs « baba cool » ou de la mièvrerie pseudo agricole pré-XXeme siècle.
    Mais outre les clichés culturels dans lesquels nous finissons tous par nous prendre les pieds à un moment ou à un autre parce que les mass media nous en imprègne, je suis persuadé que les « ratés » esthétiques ont en partie pour origine le manque de recule sur des techniques de construction encore beaucoup trop récentes, sur une tradition qui n’en est pas encore une, et que par conséquent, presque personne n’a eu le temps de se les approprier au point à la fois de pouvoir s’en détacher (la maîtrise fini par libérer) et de les dé-couvrir, c’est-à-dire de savoir en révéler l’essence, la vérité des matériaux, du mode de réalisation, du plaisir du travail du constructeur, etc.
    Si bien que je suis moins pessimiste que vous sur le soit disant « bon goût » de mes concitoyens et de moi-même et ne crois pas non plus qu’une maison terre-paille prendrai tout a coup une valeur artistique plus grande en y introduisant une « chaise design » (terme qui m’insupporte puisqu’il ne veut absolument rien dire : « design » signifie « conception », alors un style « conception », je ne vois pas du tout à quoi ça peut ressembler ?) ou le dernier type d’objets à la mode à savoir le mobilier dit « industriel », encore un autre genre de produit nostalgique qui renvoie non pas à une époque où les gens vivait bien nourri et en plein air dans nos bucoliques campagnes (pas assez moderne sans doute), mais au début d’une ère industrielle nous paraissant moins pervertie par l’économie de marché capitaliste et qui produisait à la chaine (et dans des conditions sordides pour les ouvriers-machines) des objets d’une qualité fonctionnelle et d’une durabilité indéniablement meilleur qu’aujourd’hui ; des objets « exhalant : force, chaleur, robustesse,… vécu » (et oui faute de vivre soit même, on fini par vivre par procuration à travers quelques objets décoratifs !). J’en prends pour exemple la boutique Merci, à paris, qui fait son beurre de l’inconsistance sans nom d’une bourgeoisie citadine qu’il faudrait prendre en exemple.
    Bref, tout ça pour dire qu’il faudra du temps et que prendre le temps ne consiste pas à devancer les modes et « tendances » qui nourrissent l’appareil économique dans lequel nous vivons et dont cherchent à se défaire la majorité des autoconstructeurs. Prenons le temps de continuer de tâtonner…

  2. emmanuellemayer Says:

    Merci pour votre commentaire ma foi fort intéressant.

    Il va de soi que ce post n’engage que moi… une envie de me faire plaisir en postant sur la déco, qui est une de mes passions, d’abord, et puis une envie de me moquer gentiment des éco-auto-constructeurs qui m’entourent, dont les maisons sont super performantes mais souvent super baba-cools.

    Une chaise « design », ça veut dire, selon les contextes, une chaise de designer reconnu (Eames, Jacobsen, Stark…) ou une chaise très moderne, d’une forme un peu atypique, créative (ça peut être une fabrication maison à partir de tuyaux de plastiques ou un délire avec des planches de bois…).

    Quant à la tendance du style industriel, vous en faites une analyse quasi-freudienne très intéressante mais j’avoue que je regarde tout ça avec plus de futilité (je trouve ça beau / je trouve ça moche). Mais en l’occurrence, le matériau métal s’accorde bien avec le bois, la pierre et les enduits terre-paille, c’est pour ça que j’en parle.

    Enfin, je ne comprends pas ce que vous voulez dire quand vous parlez de la boutique Merci qui « fait son beurre de l’inconsistance sans nom d’une bourgeoisie citadine qu’il faudrait prendre en exemple ». Merci est un grand magasin qui propose des pièces de créateurs qui ont renoncé à leurs marges, le tout à des fins humanitaires. C’est cher (pièces de créateurs !) donc c’est pour une clientèle aisée… comme beaucoup d’autres boutiques.

  3. Adrien Says:

    Bonjour et bonne année !
    Désolé si le dernier message vous a paru un peu énervé. Pour vous répondre à votre incompréhension, ce qui me chagrine c’est de m’apercevoir que nos désirs et nos soit disant « goûts personnels » sont largement orientés (c’est pas nouveau!) et que l’on s’y fait tous prendre, moi le premier, les baba-cools ensuite d’une certaine manière😉. Et désolé pour le côté utopiste, mais je crois que ça ne me dérangerais pas de payer (pas trop souvent j’ai pas les moyens!) des objets très chers si je savais que les gens qui les ont conçus et fabriqués ont pris autant de plaisir que moi j’en aurai à les utiliser…

  4. emmanuellemayer Says:

    C’est vrai que nos goûts personnels sont assez orientés !

    Après, ça évolue.

    Moi, depuis que je m’intéresse à la déco, je n’arrête pas de changer de goûts… je crois que je suis encore assez influençable ! Mais je pense arriver à trouver mon propre style.

    Et sinon, pas de problème, votre dernier message m’avait peut-être paru un chouilla énervé, mais je crois que j’aime bien ça !!!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :