Qui sont les campagnards pauvres ?

07/09/2010

Je viens de lire le rapport Pauvreté, précarité, solidarité en milieu rural réalisé par la mission conjointe du Conseil Général de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Espaces Ruraux (CGAAER) et de l’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS), sorti en sept 2009. En moyenne, les ruraux sont plus souvent pauvres que les urbains. Selon le rapport, ces pauvres sont :

1) Des ruraux d’origine : agriculteurs, ouvriers victimes dés-industrialisation, personnes âgées à faibles revenus (souvent mal logées), des jeunes sans qualification et les salariés précaires de l’artisanat et de l’agriculture (type cdd, saisonniers).

2) Des néo-ruraux : des familles venues pour des raisons de coût du logement, qui se retrouvent confrontées à des difficultés à la fois financières et liées à l’isolement (nécessité d’avoir deux voitures, difficultés de garde d’enfants, d’accès à l’emploi ainsi que la difficulté à demander de l’aide). Le rapport évoque également les familles urbaines pauvres, habituées des services sociaux, qui viennent s’installant en milieu rural pour s’en sortir plus facilement. Pour ces personnes, soit l’installation à la campagne est une réussite, elles s’adaptent, font des petits boulots, un peu de jardin etc., soit au contraire elles se referment complètement et la situation empire. Il y a également des jeunes en « errance », qui rejettent la société et ont trouvé un « refuge dans un bout de caravane ou de garage ». Selon le rapport, certains d’entre eux sont en grande souffrance.

Je me réjouis de voir que les néo qui créent des activités innovantes type agri-ruralité (ensemble d’activités variées -artisanat, tourisme, agriculture, art…- sur une petite ferme) ne sont pas stigmatisés, le rapport évoque simplement une certaine vulnérabilité due à la prise de risque que nécessite l’innovation.

Le rapport propose 4 points à approfondir : l’impact de la monoparentalité, l’endettement (agriculteurs, immobilier), la drogue et l’addiction (circulation facile des produits) et le manque cruel d’accès aux soins psychologiques et psychiatriques. Sur ce dernier point, on peut lire que « une des difficultés importantes du travail social en milieu rural tient aux attitudes « taiseuses », de personnes ou de familles qui supportent sans se manifester de très mauvaises conditions de vie, se replient sur elles-mêmes, ou se protègent du qu’en dira-t-on.  » Voilà qui rejoint les propos de la psy dans le reportage « Journal d’une psy de campagne » dans Psychologies magazine*.

Enfin, le rapport préconise plusieurs pistes, à commencer par la nécessité d’agir au niveau intercommunal et de décloisonner les interventions des organismes sociaux et des administrations. Il incite à intégrer le volet social au projet de développement local et à étendre nombre de dispositifs connus en milieu urbain et péri-urbain (logement social, dispositifs d’insertions…).

*Psychologies magazine, septembre 2010. Un article intéressant mais assez parisien et qui, en décrivant les problèmes psychologiques spécifiques des ruraux, donne une vision très négative de la vie à la campagne (genre le petit village auvergnat austère, des gens silencieux, des rumeurs et des ragots…)

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L’Esprit Village de l’été

15/07/2010

Depuis un mois et demi, je me suis un peu absentée du blog car me voilà jeune maman d’une jolie petite Anouk !

Du coup, j’ai oublié de vous annoncer la sortie du dernier Village. Et pourtant, c’est moi qui ai fait le dossier principal, consacré aux gîtes, chambres d’hôtes et hôtels écolos : la tendance est aux hébergements touristiques écologiques. Pourquoi choisir cette option ? Faut-il se faire labelliser ? Quelle est la plus value-verte ? J’ai étayé mon sujet de plusieurs reportages sur des lieux vraiment chouettes comme l’Hôtel La Ferme de Bassilour dans le Pays Basque ou Les Eydieux dans les combrailles auvergnates, ou encore le Gîte de Montignat, en Creuse.

Dans ce beau numéro d’été, on parle aussi de wwoofing, de fromage de chèvre à faire soi-même et du territoire du Montmorillonnais, en Poitou-Charentes.

Je me dois aussi de vous parler du Hors-série de L’Esprit Village consacré au Massif Central.

Saviez-vous que le Massif Central comprend l’ensemble de l’Auvergne mais aussi l’ensemble du Limousin ainsi que des territoires de Rhône-Alpes (Loire, Ardèche…), de Midi-Pyrénées (Aveyron, Lot) ou encore du Languedoc-Roussillon (les Cévennes).

Dans ce numéro spécial, je me suis chargée de la partie consacrée à… l’accueil de nouvelles populations. On est spécialisée ou on l’est pas ! J’ai donc interviewé des experts, fourré mon nez dans les statistiques de l’Insee et rencontrer de nouveaux arrivants, créateurs ou repreneurs d’activités (café-resto, graphiste-sérigraphe, salariée d’une PME, constructeur de maison en paille et maraîchage), et je crois qu’il y a de quoi s’enthousiasmer sur le regain d’attractivité de ce beau coin de France, où l’on respire bien, et pas que l’été en vacances. Vivre ici toute l’année, y monter des projets, y nouer des solidarités, c’est possible. Dans ces montagnes quelque peu oubliées, le milieu alternatif et créatif a trouvé l’espace qu’il lui faut !

Bonne lecture et très bel été

Siffler là-haut sur la colline

20/05/2010

La vie à la campagne, c’est aussi sortir se promener dès qu’il fait beau et cueillir quelques fleurs des champs au détour des chemins…

Et nul besoin d’habiter dans la pampa. Ce petit bouquet, je l’ai cueilli en me baladant dans mon village (ou petite ville pour certains, car 2000 habitants), au sortir de ma rue.

Que c’est merveilleux, la campagne, quand le ciel est bleu et le soleil chaud !

Non à l’huile de palme… même bio !

12/05/2010

Voilà un bon moment que les écolos ont dénoncé l’usage de l’huile de palme. Car pour la produire, on fait des plantations de palmiers à huile (en Asie du sud-est notamment), rasant des hectares et des hectares de forêts, ce qui, au delà des conséquences en terme de carbone, décime par la même occasion les orangs-outangs et renvoient les communautés locales. Bref l’huile de palme, c’est à éviter et c’est pas simple car on en trouve dans tout : cosmétiques, agrocarburants, alimentation (les huiles ou graisses « végétales » des notices…).

On pouvait se dire que l’huile de palme bio était plus éthique… Que nenni selon l’association Minga (qui défend une économie équitable) qui, dans un communiqué, dénonce l’huile de palme bio de Colombie : « Au nom de la réduction des coûts de production, l’huile de palme, l’huile la moins chère du monde,   n’a  pas   épargné   le   petit   monde   de   la   bio,  que   ce   soit   pour l’alimentation   ou   la cosmétique. En France, cette invasion est légitimée par Ecocert qui certifie que cette huile produite dans le nord de la Colombie respecte l’environnement et les droits des paysans. Mais la réalité est tout autre.   Que   ce   soit   d’un   point   de   vue   social   ou   écologique,   les   pratiques   de   l’entreprise produisant cette huile de palme sont en tous points similaires à celles des autres planteurs de palmiers à huile de Colombie : en témoigne son implication dans la conversion radicale des terres agricoles dont cette communauté paysanne a été dépossédée, le tout avec la complicité du gouvernement colombien. »

En conclusion : autant que possible, lisons les étiquettes et évitons tout ce qui contient de l’huile de palme… Pour le moment c’est encore difficile mais ca devrait évoluer dans le bon sens : j’ai vu l’autre jour au supermarché Casino des étiquettes « Sans huile de palme » collées sur différents produits… La prise de conscience semble être enfin là, même si la « dépalmisation » de tous les produits n’est pas encore pour aujourd’hui.

Conférence organisée par Minga sur le sujet : le 14 mai à 17h30 à la maison de la jeunesse et de la culture, 4 rue mercoeur, Paris 11.

Les orangs outangs et l’huile de palme

L’huile de palme sur « mes courses pour la planète »

Méthanisation : quand on marche sur la tête

30/04/2010

La méthanisation permet de produire de l’énergie grâce au biogaz issu de la dégradation de matières organiques. C’est un procédé super écolo de production de chaleur, et même d’électricité grâce à une cogénératrice. Pour le moment, cela reste coûteux de s’équiper mais quelques exploitations agricoles sautent le pas, comme le Gaec de la Salle en Creuse. C’est bien-sûr dans les fermes que ce type d’installation a toute son utilité car elles produisent beaucoup de déchets organiques (fumier…).

Mais comme pour les agrocarburants, on se retrouve à marcher sur la tête : une usine de méthanisation, Abiodis, va s’implanter à Guéret pour produire de l’énergie. Sauf que la matière première sera… des céréales produites exprès pour elle sur 300 ha de terres agricoles rachetées pour l’occasion. On s’apprête donc à produire de la nourriture pour la transformer immédiatement en énergie. Flippant !

Pour protester contre ce projet, la Confédération Paysanne du Limousin, le Gablim (agriculteurs bio), la FRCivam et l’Ardear appelle à un pique-nique citoyen le 2 mai à St Pierre de Fursac (où se situent une partie des terres en question).

Plus d’infos : http://www.confederation-paysanne-limousin.org/

Marie-Hélène Lafon, la dureté de la campagne

04/04/2010

Marie-Hélène Lafon est écrivaine. Une de celles qui passent un temps monstrueux à choisir les mots, à refaire les phrases. Qui ne s’attache pas simplement à créer un suspense ou à inventer des situations, mais travaille en profondeur sur le texte, son vocabulaire, son rythme. Le résultat, c’est un style admirable, très personnel. De la littérature, de la vraie.

Si je vous en parle, c’est parce que Marie-Hélène Lafon vient du Cantal. Et qu’elle aime situer ses romans dans une austère maison en granit du Massif Central, chez des éleveurs taciturnes. C’est pas gai. L’univers est à 1000 lieux de néocampagne… ses récits auraient plutôt tendance à nous donner envie de fuir à toutes jambes ces campagnes pleines de non-dits et d’esprits fermés, méfiants. Et en même temps, ces gens dont il est question ont des qualités uniques dont Marie-Hélène sait témoigner. En filigrane, un monde rural quelque peu bouleversé, secoué par les mélanges de population. Comment ceux d’ici observent ceux d’ailleurs. Voici les deux ouvrages que j’ai lu -et adoré- d’elle :

Les derniers indiens : Un bijou de littérature selon moi. Mais âmes sensibles s’abstenir, le propos est dur… « Les Derniers Indiens est une histoire d’attente et de mort, un livre sur l’orgueil qui vous empêche de traverser la route et vous laisse un jour, seul derrière la vitre de la cuisine, à surveiller ceux d’en face pour tenter de comprendre la recette du bonheur. » (Christine Ferniot – Telerama n° 3031 – 16 février 2008). Lire toute la critique de Télérama

L’annonce : plus optimiste que Les derniers indiens… L’histoire d’amour entre Paul, paysan qui succède à ses oncles à la ferme, et Annette, venue du Nord avec son fils. Ils se sont trouvés par une annonce. Ils vont devoir braver les regards de travers et les avis du reste de la famille, taiseuse comme toujours. Lire l’article dans Télérama

Décoration champêtre : le style campagne chic

22/03/2010

Une fois n’est pas coutume, Néocampagne aborde aussi bien la politique et l’agriculture que des sujets plus futiles comme la décoration intérieure.

Force est de constater qu’au delà des tendances, le style campagne chic, aussi appelé charme reste une valeur sûre pour les maisons anciennes en pierre. Les propriétaires de maisons d’hôtes en savent quelque chose puisqu’ils en sont les meilleurs représentants !

Patines et lin

Les caractéristiques de ce style : pierres apparentes, mobilier ancien en bois patiné dans des tons clairs (ivoire, crème, galet, anthracite, taupe, parme…), poutres lasurées, textiles en lin (rideaux, draps, nappes…), toile à matelas rayée blanc et beige, toile de Jouy, boutis, portes de placard en grillage à poule, objets en zinc, verrerie ancienne, et quelques petites touches de métal vieilli et de bois brut ou de récupération (par exemple anciennes portes ou persiennes détournées en portes de placard ou tête de lit…).

Les marques spécialisées charme / campagne chic

Jardin d’Ulysse, Athezza, Blanc d’Ivoire, Comptoir de famille, Hanjel, Du bout du monde, Linum, Mis en Demeure, Pomax, Chehoma, Interior’s, Country Corner.

Je tiens à préciser qu’en fouillant sur le web, j’ai découvert que la société Interior’s avait été attaquée par des syndicats de salariés. Et le prix des meubles ne serait pas à la hauteur de la qualité. Mais sur ce point, difficile de vérifier : les avis de personnes mécontentes sont toujours plus nombreux que les avis des personnes satisfaites…

Pierres apparentes ?

Attention, les pierres apparentes, c’est beau, mais ce n’est pas isolant. Si vous ne résistez pas à les montrer, limitez-vous aux murs sud et, sur les murs nord, posez un enduit isolant (chaux-chanvre) ou un isolant derrière une couche de placo ou de lambris à grosses lattes (les grandes planches brutes sont beaucoup plus jolies que le lambris classique).

Si les photos vous font rêver… il s’agit de la maison d’hôtes La Roche d’Esteil, en Dordogne, non loin de Sarlat. Des séjours agréables en perspective !

Limousin terre de gauche old school

17/03/2010

Avec 38% des voix, le PS a tout raflé et j’avoue que je n’en reviens pas. Non que je sois particulièrement critique sur le travail de l’équipe sortante. Au contraire, pour écrire régulièrement  dans le journal du conseil régional, je suis aux premières loges pour constater tout ce que la région a fait de bien, à commencer par la politique d’accueil de nouveaux habitants (mon dada), le haut-débit ou encore l’économie sociale et solidaire.

Mais ce qui me fait halluciner, c’est qu’autant de personnes aient donné leur voix à un parti qui, au niveau national, me semblait mourant, en tout cas très bancal. Est-ce parce que nous sommes la région la plus âgée (et on peut imaginer que les vieux ne changent plus trop leurs habitudes) ?

Avec 13,3% la liste Terre de Gauche a battu Europe Ecologie (9,73%), à mon grand regret…A mon grand regret car, même avec du vert dedans (la liste rassemble Parti de gauche, PCF, mais aussi NPA, Alternatifs, Décroissants…), cela reste un projet de société peu innovant,assez old school pour une liste avec tant de jeunes. Une société pas franchement libertaire, dominée par la puissance publique, qui voit le monde divisé entre les patrons (méchants) et les salariés (exploités), entre le public (bien) et le privé (mal). Pas un mot sur la création d’activités (beurk des patrons et du privé) mais de l’emploi, bien stable et bien sérieux, sans flexibilité ni annualisation, et surtout public (création de milliers de postes). Sur l’écologie, de bonnes mesures mais rien de vraiment révolutionnaire. Idem sur les transports où, à part la gratuité (à terme) du TER, on reste dans une société du tout voiture.

Je suis peut-être un peu dure mais à la lecture du programme, je sens un fossé entre cette société qui nous est proposée et toutes les initiatives qui existent ici sur le plateau, des initiatives alternatives, parfois informelles, en tout cas privées : apéros de réseau pour se rencontrer et accueillir les nouveaux arrivants, groupement d’achat « Gaïa » pour éviter le supermarché et se fournir en bio de manière autonome, SCI forte de 70 membres pour pouvoir acheter un bâtiment et y implanter la ressourcerie Le Monde Allant Vers, SCIC en cours de création pour favoriser le logement et l’écohabitat sur le plateau de Millevaches, etc. etc. Des initiatives soutenues parfois par les collectivités et qui doivent l’être, sans pour autant que celles-ci ne se substituent à cette force vive et à ces élans citoyens indépendants.

Je salue toutefois la volonté d’une agriculture paysanne locale, pour une autonomie alimentaire de la région, et la revendication d’une diminution du temps de travail. Et surtout, je me réjouis de voir les gens de partis et sensibilités différentes (communistes et décroissants) se rassembler autour d’un même projet. La preuve que c’est possible et que ça marche !

Ce qui est ennuyeux, en revanche, c’est de se retrouver avec une triangulaire PS-UMP-Terre de gauche au 2e tour. Et oui, Terre de gauche est contraint de faire bande à part car… « nous étions sur le point de parvenir à un accord lundi [avec le PS] lorsque la fédération de la Haute-Vienne du PS a déclaré refuser toute présence de candidats NPA sur la liste Haute-Vienne et a interrompu, unilatéralement les discussions » est-il expliqué sur leur site.

Village, un magazine à soutenir !

09/03/2010

L’Esprit Village du printemps est arrivé. Un excellent numéro si vous voulez mon avis, et je dis ça en (presque) toute objectivité puisque je n’ai quasiment rien écrit dedans.

Au sommaire :

Un dossier complet sur Randonnée, maraîchage, portage ou lait d’ânesse… l’âne complice.

Plein de savoir-faire : du miel avec la production de son jardin, des toilettes sèches (les construire, les utiliser), réparer son mur en pierres sèches dans les règles de l’art, réussir ses yaourts faits maison…

Mais aussi une interview de Fabrice Nicolino sur son bouquin coup de poing « Bidoche », plein de Choix de vie intéressants : fabricants de sorbets, cuisinière créole, organisateurs de séjours nature, vendeuse de couches lavables… aux 4 coins de la France.

Mais que découvre-t-on également dans ce numéro ? Un appel à soutien ! Et oui, le passage à la nouvelle formule a permis de gagner des lecteurs, mais pas assez et la situation financière du journal est très difficile. Village n’est pas le seul titre à souffrir, l’ensemble de la presse est touchée (et je peux en témoigner). Mais L’Esprit Village mérite de continuer son aventure. Parce que c’est l’un des rares titres où l’on va vraiment voir sur le terrain comment ça se passe (ça mérite d’être souligné) et où l’on se propose de montrer des solutions concrètes aux crises d’aujourd’hui, par la création d’activités en milieu rural et la pratique de savoir-faire pour plus d’autonomie…

La situation appelle une réaction urgente, c’est pourquoi l’équipe de rédaction a décidé d’intervenir sur la périodicité du magazine, qui devient trimestriel (il suivra ainsi les saisons) et sur le prix (il est désormais à 5,50 € soit 1 € de plus).

Nous n’avons pas besoin d’un sauvetage tonitruant… juste de nouveaux abonnés ! L’abonnement est désormais à 20 €, pour 4 numéros (qui font plus de 80 pages, quasiment sans pub). Je vous invite donc à sauter le pas !

Pour vous allécher, voici un avant-goût du numéro d’été : faire ses fromages de chèvre, son purin d’orties, faire des gîtes et chambres d’hôtes écolo (intérêt, labels etc.).

rdv sur http://www.village.tm.fr

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Bulletin d’abonnement

à retourner à L’Acteur Rural, la Caillère, 61100 La Carneille

1 an (4 numéros) : 20 euros.

2 ans (8 numéros) : 38 euros

Nom : …………………………………………………………………………………….Prénom : …………………………………………………………..

Organisme : ………………………………………………………………………………………………………………………………….

Adresse : ………………………………………………………………………………………………………………………………………

Code postal : ………………………………………………….Ville : ……………………………………………………………………

Tél.: ………………………………………………………….

Par chèque à l’ordre de l’Acteur Rural

O Je désire une facture

O Je paierai à réception de facture (pour les structures uniquement) Signature obligatoire

Paiement en ligne : rendez-vous sur le site Internet : www.village.tm.fr

Pesticides : enfin des bonnes nouvelles !

26/02/2010

La première bonne nouvelle, c’est que le MDGRF a gagné le procès qui l’opposait à la Fédération nationale des producteurs de raisin de table.

Petit récap :

Le MDGRF, c’est le Mouvement pour le droit et le respect des générations futures, une association engagée dans la lutte contre les pesticides.

La Fédé des producteurs de raisin a assigné en justice le MDGRF pour dénigrement du raisin de table suite à la publication d’une étude qui analyse les résidus de pesticides dans des raisins de table vendus dans des supermarchés réalisées en novembre 2008
avec quatre autres associations européennes. Analyses qui montrait, bien évidemment, la contamination dudit raisin. La Fédé demandait rien de moins que 500 000 € à l’asso.

Le procès s’est tenu le 6 janvier au TGI de Paris. Côté MDGRF, la plaidoirie était assurée par Me Alexandre Faro et Me Corinne Lepage. Lire l’article très intéressant de Rue89 sur ce procès.

Le verdict (tel qu’il est expliqué dans le communiqué de presse du MDGRF), rendu le 10 février dernier :
Le TGI reconnait que le MDRGF s’est exprimé dans le cadre de son objet social d’intérêt général, et n’a aucunement abusé de façon fautive de sa liberté d’expression en publiant les résultats d’analyses montrant la présence de résidus de pesticides dans des raisins vendus dans les supermarchés (…) En outre, ce jugement reconnait notre droit à parler de « pesticides et de contamination » pour parler des résidus présents dans les raisins analysés. En conséquence de quoi le tribunal a rejeté les demandes en dommages et intérêts de la FNPRT. De plus, le jugement reconnait que en attentant cette action, la FNPRT a abusé de son droit d’agir en justice (…). En conséquence de quoi le juge décide que la FNPRT devra verser au MDRGF 1€ au titre de dommages et intérêts pour procédure abusive, ce qui est une décision assez rare dans ce type de procès. Enfin, la FNPRT a été condamnée à payer au MDRGF la somme de 2000€ au titre des frais engagés pour sa défense.

La 2e bonne nouvelle, c’est que quelques jours avant, le 29 janvier, une autre décision de justice contre les pesticides a été rendue, celle de la Cour d’appel de Bordeaux, qui a reconnu comme maladie professionnelle l’intoxication d’un agriculteur à un désherbant Monsanto. Comme on peut le lire dans l’article de La Vie paru mardi dernier  « Pesticides, l’omerta se fissure », pour Pour François Lafforgue, l’avocat du paysan Paul François, « c’est la première fois en France qu’une cour d’appel établit un lien direct entre un produit phytosanitaire bien déterminé et des troubles de la santé. Cela peut faire jurisprudence« .

En attendant la disparation des pesticides, la meilleure arme contre Monsanto reste de manger bio !


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