L’Esprit Village janvier-février

01/02/2010 par Emmanuelle

C’est encore avec un mois de retard que je vous annonce la parution du dernier numéro de l’Esprit Village.

Un numéro qui réchauffe l’hiver !

Au sommaire :
- Tout simplement : faire son bois de chauffage, faire son pain, fabriquer un compost d’intérieur (un lombricompost facile à faire et testé !), se protéger du froid.
- Vivre ici : Le Plateau de Beille, vers une station durable ?, feuilleton « graine d’écohameau » sur Hébécrevon, la Nièvre Terre d’accueil, sans oublier les brèves. J’y évoque notamment radio PAC, une radio rurale en Corrèze.
- Choix de vie : dossier Du bio pour les ruraux (épiceries bio en milieu rural), avec mon reportage sur Olivia Garnier et son épicerie itinérante Le Temps des Cerises. Et un brasseur, un castanéiculteur également vannier, une artiste plasticienne, un barbier…

Pour trouver le kiosque le plus proche qui le reçoit : www.trouverlapresse.com
Pour s’abonner : www.village.tm.fr

Haïti, point de comparaison

27/01/2010 par Emmanuelle

112 226 personnes : c’est le nombre de morts victimes du séisme en Haïti selon le dernier bilan officiel.

C’est presque autant que l’ensemble de la population du département de la Creuse…

Les autorités sanitaires n’hésitent pas à parler de 150 000 morts.

150 000, c’est la population du Cantal. Ou celle de villes comme Grenoble, Angers.

Ça donne une idée du désastre.

Une maison de ville à la campagne

23/01/2010 par Emmanuelle

Je vous annonce que je suis désormais propriétaire d’une charmante maison en pierre du XVIIIe siècle (peut-être même XVIIe !), située dans un bourg de 2000 habitants.

Comme vous le savez, j’adore la vie dans les centre-bourgs, notamment car cela permet de diminuer l’usage de la voiture pour les activités de la vie courante (aller chercher du pain, les enfants à l’école…). Avec mon compagnon, nous travaillons tous les deux à la maison, alors une seule (vieille) voiture nous suffit, et pour un usage occasionnel !

Nous avons choisi l’une de ces maisons qui intéressent rarement les néo-ruraux, une maison sur plusieurs niveaux, entre deux autres bâtisses mitoyennes. Avec son parquet en châtaignier, ses murs de pierre, sa chouette situation et son potentiel d’évolution, elle nous a tapé dans l’œil !

Bon, au début, nous allons utiliser la vieille chaudière au fioul qui y est installée… pas super écolo ! Mais avant de changer pour une énergie renouvelable, il nous faut abattre des cloisons pour faire entrer la lumière, poncer le parquet, refaire toutes les peintures et quelques enduits, changer des portes et… renflouer les caisses ! Viendront ensuite l’isolation du sol et des combles, et le chauffage !

Je rêve d’isolation chanvre, de chauffe-eau solaire et d’une chaudière à granulés, mais malgré les aides, tout cela a un prix, alors avançons petit à petit.

En attendant, nous allons avoir un petit jardin ! A nous repas en terrasse, paresse sous le lilas, compost et mini-potager, c’est à dire les avantages du jardin, sans les inconvénients (rappelez-vous, l’un de mes tout premier post : « à la campagne et sans jardin »).

Bûches, plaquettes ou granulés ?

19/01/2010 par Emmanuelle

Depuis la neige tombée avant Noël, le chauffage est devenu l’une de nos discussions principales dans le coin (juste après le temps qu’il fait, donc, et l’état des routes !).

Question de poêles

Dans la campagne Limousine, on se chauffe beaucoup au fioul, mais aussi au bois. « Faire son bois » n’est pas exotique, beaucoup fendent leurs bûches pour alimenter poêles, inserts ou cuisinières à bois. Mais seules les maisons tournées autour d’une grande pièce centrale peuvent se suffire d’un tel système, à l’image des granges rénovées et maisons écologiques qui fleurissent sur le territoire. Pour elles, l’idéal est le poêle de masse, qui a une autonomie de 24h, et dont la chaleur rayonne. J’ai expérimenté chez des amis, c’est un vrai bonheur et une belle qualité de chauffage, avec la vue du feu en prime. Sinon, il y a le poêle à granulés, qui a l’énorme avantage d’être programmable et d’avoir une grande autonomie : on peut s’absenter quelques jours et retrouver sa maison chaude, on peut le programmer pour se mettre en route 1h avant de rentrer du boulot etc.

Chaudières à bois

Pour les maisons anciennes mal isolées, les maisons de villes sur plusieurs niveaux ou les pavillons cloisonnés, impossible de se passer de petits radiateurs d’appoint, type électriques, en complément du poêle. Le mieux est donc d’opter pour du chauffage central. Là encore, certains utilisent le bois-bûche, via une chaudière ou une cuisinière à bois, pour alimenter des radiateurs. Mais, comme pour les autres appareils qui fonctionnent avec des bûches, cela veut dire allumer le feu tous les jours, et l’alimenter régulièrement. Pas pratique pour ceux qui font beaucoup de déplacements ou qui n’ont pas envie d’avoir cette corvée quotidienne. Dans ce cas, il vaut mieux opter pour une chaudière à plaquettes (bois déchiqueté) ou à granulés. Automatiques et performantes, ces chaudières coûtent cher mais bénéficient non seulement du crédit d’impôt mais aussi d’aides régionales et, parfois, départementales. La plaquette est le combustible le plus écolo (car local et peu transformé) et il est très économique. Mais les chaudières à plaquettes n’existent que dans de fortes puissances, les plaquettes sont livrées par des camions ou des tracteurs qui passent mal en ville, et il faut de la place pour le silo. Conclusion : sauf exception, pour le moment, la plaquette est réservée aux zones rurales. Le granulé est plus cher -mais devrait baisser car de plus en plus utilisé- et a l’avantage de pouvoir être livré en sac, sur des palettes d’une tonne. Ce qui rend possible l’utilisation de chaudières à granulés dans les maisons de ville et de bourg. Mais pour le moment l’idéal reste d’avoir la place pour un silo de stockage.

Pour en savoir plus :

Habitat Naturel Hors-série n=°7 « Guide du chauffage au bois »

Habitat Naturel n=° 28 (sept-oct 2009) avec un dossier « Tout sur le chauffage aux granulés » (dans ce numéro, j’ai fait un reportage sur le réseau des ressourceries)

Et l’ouvrage d’Emmanuel Carcano chez Terre Vivante, « Chauffage au bois, choisir un appareil performant et bien l’utiliser« 

Cette année, je m’installe à la campagne

31/12/2009 par Emmanuelle

Qui dit nouvelle année, dit bonne résolution ! Par exemple : « je me bouge enfin pour m’installer à la campagne et monter mon projet ». Justement, pour tous ceux qui ont ce rêve, le Collectif Ville Campagne vous propose une demi-journée d’info.

Ça se passe le 16 janvier à Paris. Plus d’infos sur le flyer ci-dessous et sur www.installation-campagne.fr

Si vous ne pouvez pas être là, sachez que les sessions se passent tous les 3e samedis du mois, et qu’une session a eu lieu aussi à Lyon, et des projets dans d’autres dans d’autres métropoles.

Très belle année à vous !

La campagne en politique

12/12/2009 par Emmanuelle

Un ministère 100% rural

Depuis le dernier remaniement, nous avons notre Ministère de l’Espace rural et de l’Aménagement du territoire.

Il faudra un jour m’expliquer qui fait quoi entre ce ministère et la Diact ! (Délégation inter-ministérielle à l’aménagement et à la compétitivité des territoires, anciennement la Datar. Le changement de nom s’est fait en 2006, faisant apparaître la notion controversée de « compétitivité » des territoires, mais, attention, info de dernière minute, notre nouveau ministre Michel Mercier a demandé à ce qu’on revienne au bon vieux sigle de Datar !  Mais avec une autre signification : Délégation interministérielle à l’Aménagement du Territoire et à l’Attractivité Régionale… L’adresse du site web a déjà été actualisée en datar.gouv.fr )

Mais un ministère autonome sur cette question, plutôt qu’un secrétariat d’état ou un rattachement à un ministère de tutelle, c’est plutôt une bonne nouvelle. Surtout que pendant longtemps, l’aménagement du territoire était rattaché à l’agriculture, ce qui était orientait clairement le milieu rural vers le milieu agricole.

Toutefois l’idée d’inclure l’aménagement du territoire au sein du vaste Ministère de l’Écologie, du Développement et de l’Aménagement durables (MEDAD), devenu ensuite Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire (MEEDDAT) m’avait semblé pertinente, car comment créer des politiques d’aménagement cohérentes si ce n’est pas en les traitant conjoitement avec les transports, l’énergie etc. ?

Quoi qu’il en soit, depuis le mois de juin, nous avons donc un ministère 100% rural (Espace Rural et Aménagement du Territoire), dirigé par Michel Mercier ; et un Ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de la Mer (MEEDDM)… et oui, déjà le 3e sigle du ministère de Borloo !

Saluons l’initiative de Mercier de nous demander notre avis via les Assises des Territoires Ruraux, qui se tiennent depuis octobre dernier. Il est encore temps de participer au débat en postant une contribution sur le site alors si vous avez des idées, c’est le moment de les exprimer. Bon, on se demande toujours si ça a une utilité, mais c’est déjà mieux que rien.

Alimentons les régions

Le Ministère de l’Agriculture et de la Pêche a lui aussi changé de nom, il est devenu le Ministère de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche. Là encore, plutôt une bonne évolution de vocabulaire, à condition que cela se traduise dans les orientations politiques. Pour le moment, ce ministère tente de sauver l’agriculture avec un plan d’urgence qui consiste en des prêts aidés et des allègements de charge, rien de révolutionnaire sous le soleil.

Pour espérer le grand virage que nous sommes nombreux à espérer en terme de politique agricole, je vous invite à signer l’appel « Alimentons les régions » :

Pour le droit à une alimentation saine et équilibrée pour tous,
Pour une politique foncière agro-écologique,
Pour l’emploi des jeunes

Peser ensemble sur le débat des prochaines régionales de mars 2010, pour que les élus des régions mettent en œuvre des politiques publiques ambitieuses sur le foncier, l’emploi et le développement de circuits courts : tel est le sens de l’appel «Alimentons les régions».

http://www.alimentons-les-regions.fr/

Initié par Nature&Progrès, Minga et Frères des Hommes, cet appel est soutenu par Réseau Semences Paysannes, Amis de la Terre France, Comité National de Liaison des Régies de Quartier (CNLRQ), Coopaname, Action Consommation, Confédération Paysanne, Réseau Ecobatir, les AMAP d’Ile de France, de Rhône Alpes, du Limousin et de la Région PACA, FNAB, Terre de liens Rhône-Alpes, Fruit Oubliés Réseau, Slow Food France, Agrisud International, Alliance Paysans, écologiste, consommateurs Loire, terre et Humanisme, les AMAP de la Région Nord Pas-de-Calais,Fédération des amap de picardie …

Ah, et au fait, pour info, le nouveau président du conseil de la FAO (L’organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, connue pour ses positions en faveur de l’agriculture sans pesticides, locale et vivrière…), c’est Luc Guyau, l’ex-patron de la FNSEA et président des chambres d’agriculture. Le choc des (agri)cultures ? Puisse cette nouvelle fonction ouvrir les yeux de notre exploitant national !

Une maison écologique… mais pas rustique !

08/12/2009 par Emmanuelle

Figurez-vous que le post le plus lu sur mon blog, c’est celui consacré à la déco style nature-campagne ! Comme, par ailleurs, c’est en milieu rural que se poussent la plupart des maisons écologiques, je ne résiste pas à vous parler décoration & écoconstruction…

Je suis fan de la décoration de Céline, qui a fabriqué plein de meubles elle-même

Qui dit écoconstruction dit maison performante côté énergie et saine côté matériaux. Mais sur la décoration, la plupart des constructions bio que l’on voit dans les revues spécialisées font malheureusement plus peur qu’envie : enduits naturels jusqu’à l’excès, lambris style location à la neige, peinture home made essuyée façon mur sale, incrustations et fresques baba-cools… sans oublier l’ensemble charpente apparente en bois blond + brique de terre crue + enduits à la terre ocre + terre cuite au sol, un ensemble tellement chaleureux… qu’il en devient étouffant !

Non, écologique ne rime pas forcément avec esthétique !

Le pari n’est pas évident. Car qu’elles soient en paille ou en brique monomur, les maisons écologiques ressemblent souvent à des pavillons classiques en parpaings. Le bois a plus de style, mais s’il recouvre tous les murs intérieurs, on n’échappera pas à notre problématique : une maison écologique… mais pas rustique !

La solution : alléger l’aspect cocon douillet, équilibrer l’atmosphère avec des matériaux et des objets plus « durs ».

Oui à un mur ocre en enduit terre, mais avec un sol en béton ou à gros carreaux gris.

Une grande table de ferme sur du carrelage de terre cuite et des murs orangés, mais avec des chaises design…

Il suffit parfois d’un détail pour casser l’effet naturel too-much : un escalier ultra-contemporain, des poutres peintes en blanc, un poêle moderne, une crédence en métal, un dessus de lit en chanvre violet…

Substance, la brocante indus de Marie-Jérômine (à Paris)

Pourquoi ne pas se saisir de la tendance actuelle au mobilier industriel ? Une ancienne armoire d’usine en métal, voilà qui va donner du cachet à un bel enduit naturel à la terre ou à la chaux !

Les brocantes industrielles se multiplient (ma préférée : Substance, à Paris) mais le prix de ce mobilier d’occasion, réparé et valorisé, n’est pas franchement abordable ! Moins écologique, on peut acheter des répliques neuves de ce style industriel. Aujourd’hui, toutes les enseignes ont lancé une collection sur ce thème, de Fly à Maisons du Monde en passant par La Redoute, et bien-sûr les enseignes hauts de gamme, comme Jardin d’Ulysse ou équitables comme Alter Mundi, qui diffuse une collection de très chouettes meubles en bois & métal. Bien-sûr, le mieux est de chiner, dans la rue, les ressourceries et sur leboncoin.fr, et d’apprendre à retaper soi-même les vielles chaises d’écolier et autre meuble de tri postal !

Autre style en vogue, l’écodesign. Voilà qui a l’avantage de mêler écologie et lignes contemporaines, épurées. Les créateurs sont de plus en plus nombreux dans ce domaine. Meubles, textiles, objets, luminaires, tout cela a un coût, comme le sur-mesure ou l’artisanat local. Mais c’est durable et tellement beau !

Quelques bonnes lectures :

Déco bio et eco-design, de Lionel Astruc (ed. Ulmer) : L’auteur ne se contente pas d’énumérer les solutions écologiques pour les sols et les murs, il propose aussi une sélection de mobilier éco-design. Chaque matériau est passé au crible et, pour chaque entreprise citée, l’auteur a mené sa petite enquête.

La déco bio en 500 adresses, de Marie Lorrain (ed.Fleurus) : Mon nouveau bouquin de chevet ! Mais il n’intéressera que les passionnés car il s’agit en fait d’un guide, qui présente 500 marques ou créateurs éco-design. Toute la maison est passée en revue.

Matériaux écologiques d’intérieur, Aménagement, finition, décoration, de J-C et M. Mengoni (ed. Terre Vivante): Comme toujours chez Terre Vivante, on a un ouvrage complet, rigoureux et précis sur la question. Chaque matériaux est passé au crible, les techniques sont soigneusement expliquées, et les auteurs ont très justement anticipé de nombreuses questions. Seul hic : le discours est très militant (trop ?) et l’aspect déco quasi-nul. En gros, si c’est écolo, alors c’est beau (alors que noooonnnn !!!).

L’esprit Village nov-déc 2009

20/11/2009 par Emmanuelle

Dans les kiosques depuis début novembre, l’Esprit Village n=°101 continue l’aventure de la nouvelle formule de Village magazine.

Au menu :

- Des savoir-faire, bien-sûr, avec un dossier sur la laine (la laver, la carder, la feutrer, mais aussi l’intérêt de dormir sur de la laine ou d’isoler sa maison avec ce matériau naturel) réalisé par mes petites mains.
Je vous explique également comment fabriquer une crème de protection contre le froid pour la peau.
Autres savoir-faire à découvrir : faire des fruits confits et fabriquer un jouet en bois !

- Des territoires, avec un reportage sur Le Séquestre, près d’Albi, une commune qui innove, et toujours la naissance de l’écohameau d’Hébécrevon, épisode 7. Sans oublier le publi-information du Limousin, que je rédige avec d’autant plus de plaisir que j’adore la région, consacré cette fois-ci à l’écohabitat (à lire ici)

- Des parcours de créateurs et d’installés à la campagne : un concepteur de poêles, un cafetier, un fabriquant de papier mais aussi plusieurs éleveurs-transformateurs laitier qui illustre l’excellent dossier sur le lait : « Et si, en pleine crise, la vente de proximité du lit de vache ou de ses produits transformés était une solution ? ».

Bonne lecture !

Pour l’acheter, s’abonner, rdv directement sur le site http://www.village.tm.fr
Pour trouver un kiosque qui le vend près de chez vous : http://trouverlapresse.com

T-shirts fermiers

16/11/2009 par Emmanuelle

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Pas mal, non ?

J’adore crâner avec ce t-shirt de chez T-Xaintrie acheté lors d’un reportage à Argentat, où est basé le siège de cette fabrique de textiles pro-vaches.

Mais la Xaintrie -région au sud de la Corrèze- c’est pas forcément à côté alors si vous aussi vous voulez craquer, c’est par ici : http://www.provaches.com

En plus, la fabrication est écologique (encre végétale, conception locale…) et la petite équipe militante et concernée. Leur but : communiquer la fierté d’appartenir au monde agricole.

Road trip dans les Yvelines

08/11/2009 par Emmanuelle
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Notre bolide (mais bon, là, il manque l'adresse du Super U de Chateauneuf-la-forêt) !

Tout a commencé dans une camionnette de location Super U de Chateauneuf-la-forêt. Direction Paris, pour aller chercher des affaires à ramener. Le ciel était bleu, le soleil brillait, on écoutait nos CD… et on a doublé, rigolards, une camionnette Leclerc…

Sur le périphérique parisien, tout s’est bien passé parce que ce n’est plus moi qui conduisait. Mon homme connaissant bien la ville, nous sommes arrivés sans difficulté à l’appartement. Bon, après, il fallait trouver une place pour se garer, ce qui était une autre paire de manche. A deux doigts de la crise conjugale (là, y’a une place. Ca rentre pas. Mais si je te dis. Stooooop ! Mais c’est pas possible, tu sais pas faire les créneaux. Ce serait plus simple si tu me guidais etc. etc.), je suis descendue du véhicule. Et le fourgon de finir sur une place de livraison.

Le lendemain, le camion plein, nous avions prévu d’aller à Ikea. Oui, je sais, c’est pas artisanal, c’est pas rural, non vraiment, mais qu’est-ce que je suis allée faire là-bas ? C’est aussi la question que je me pose. Officiellement, nous y allions pour acheter un meuble précis. Mais officieusement, je voulais combler une lacune : je n’étais jamais allez « chez » Ikea. Comme on devait se rendre ensuite chez des amis à Chartres, s’arrêter à Ikea sur la route depuis Paris, cela semblait si simple… Erreur !

carte-yvelines

Au secours ! Je n'ai pas comparé la densité des Yvelines par rapport à la Creuse mais il y a de quoi flipper !

Au début, je ne me doutais pas de ce qui allait nous arriver. A peine sortie de Paris, j’observe avec curiosité l’urbanisme local. L’autoroute (en région parisienne, toutes les routes sont des 4 voies) longe le siège de grosses entreprises et je vois Boulogne-Billancourt et Issy les Moulineaux « en vrai ». A mesure que l’on roule vers Plaisir, notre destination, je réalise que les Yvelines sont en fait un département très vert. Mais c’est bien-sûr, les Yvelines, c’est la forêt de Rambouillet et le Parc Naturel Régional de la Vallée de Chevreuse ! Je suis interrompue dans ma rêverie forestière par… les embouteillages à la sortie de l’autoroute pour rejoindre la zone commerciale de Plaisir !!! Je n’y avais pas pensé mais le samedi après-midi en banlieue parisienne, tout le monde va à Ikea !

Je ne vous raconterai pas nos 3 heures dans les lieux, vous connaissez sûrement, mais il est clair pour moi que l’association d’un espace d’exposition avec circulation imposée et d’un espace entrepôt où aller attraper soi-même les meubles, m’est apparue comme insupportable. Alors oui, c’est moins cher qu’ailleurs, mais j’ai trouvé l’expérience tellement stressante que je ne suis pas prête d’y retourner.

Bon, le pire n’était pas encore arrivé. Une fois notre fière camionnette chargée, nous quittons les lieux, soulagés, direction Chartres où nous attend une bonne soirée. Las ! Il nous faut d’abord sortir du parking bondé, faire quelques kilomètres d’embouteillages, avant d’arriver à un rond-point, puis un autre, puis un autre, puis un autre… où jamais ne figure un panneau « Rambouillet ». A tournicoter entre Elancourt, Plaisir et Trappes à la recherche de cette maudite route, on se retrouve complètement paumé. Partout autour de nous depuis une heure, des rond-points, des 4 voies, des supermarchés et des pavillons. Superbe, non vraiment… Après avoir essayé toutes les combinaisons de ronds-points, on a fini par dégoter la départementale (encore une 2×2 voies) qui nous a emmené à Rambouillet, puis sur la route de Chartres. Le panneau « Région Centre » m’a complètement détendue. Curieusement, trouver l’appartement de nos amis dans cette ville où nous n’étions jamais allée s’est avéré un jeu d’enfant !

Morale de cette histoire : si, comme moi, vous ne circulez jamais en région parisienne et vous devez vous rendre dans les Yvelines, munissez-vous d’un GPS, de plusieurs cartes routières, et évitez Ikea !